Aliénation, domination, exploitation, destruction de la nature, de la vie sauvage... génocide ou assimilation des formes de vie humaines non 'occidentalo-développées'... le meilleur des mondes avance paisiblement.
Une usine, autogérée ou non, reste une usine; le temps payé ne revient plus, et l'autonomie pousse difficilement sur du béton. Quoi d'autre qu'une illusion peut faire progresser la fibre optique? Une image?
Cette civilisation nous dégoute, nous voulons sa destruction.
La globalisation et l'uniformisation du monde ne sont que les conséquences logiques de l'existence et de la nécessaire expansion du marche, tout comme la colonisation du temps et de l'espace - de l'école au bureau, de l'esclavage au tourisme.
La misère moderne qui reigne au coeur des non-lieux ou la modernité a abolit la distance et ou la marchandise triomphe pousse à penser que tout ce qui ne vise pas l'effondrement de l'économie n'est qu'un pas de plus vers un monde technototalitaire.
Alors qu'il y a encore d'autres possibilités que le combat cyberpunk pour un ersatz de liberté dans un 'monde' artificiel sans échapatoire, il nous semble plus important de privilégier le réel sur le virtuel: la réappropriation directe, personnelle comme collective de nos vies dans les forets, les champs et les rues plus que dans l'espace factice de ce qui n'est devenu rien d'autre que le nerf et la marchandise fétiche d'un monde inique auquel nous préférons la possibilité d'une diversité de mondes viables, libres et différents.
Néanmoins, et bien qu'étant conscients du cout social et écologique de la 'technologie' - de son mode de conception puis production à la production de la séparation - nous pensons qu'internet peut avoir un double potentiel.
Certes, nous ne sommes plus dans les années 90, et il est temps d'en finir avec une certaine naiveté; la technique n'est clairement pas neutre, baigne dans une sombre idéologie de l'efficacité et nécessite chercheurs, villes et donc agriculture industrielle, exploitation des humain-e-s et tout ce qui s'en suit pour exister; Il est aussi certain que le logiciel libre n'amènera pas plus la révolution libertaire - une prison ne devient pas un verger par ce qu'on peut comprendre comment sont fait les murs - que le commerce dit équitable n'en finira pas avec l'exploitation des pays pauvres par les pays riches... mais peut être est il possible, dans un monde ou les poubelles regorgent de matériel, d'user de cette 'technologie' de manière subversive; et comme d'autres nous ne voulons pas laisser champ libre aux acteurs de ce monde de mort, même sur ce plan la.
Notre utilisation de la technique est donc clairement contextuelle, et nous souhaitons expérimenter des pratiques collectives et horizontales, tout comme permettre au possible la transmission des savoirs. Nous ne sommes pas des prestataires de services, mais voulons, ensemble et de manière directe [administrer|gérer|jouer avec] des moyens de 'communication'.
Nous sommes un groupe affinitaire, pour une appropriation populaire et critique de certains moyens techniques, pour quelques trous dans la babylone de l'information...
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